Yvonne ne possédait pas de titre ronflant ou de distinction honorifique mais elle formait, avec son mari Jean, le couple le plus sympathiquement connu du village, toujours prêt à servir les autres.
Née en janvier 1937 à Melles, dans une ferme, Yvonne Dupret forme avec ses parents, ses trois frères et sa soeur, une famille unie. Après son mariage avec Jean Delaunoy, le couple s'installe à Forest, une maison située près des magasins Moulard, où il s'occupe de la réception, du tri, et de l'ensachage des pommes de terre. Mais le coeur de Jean et Yvonne est déjà montroeulois où ils se rendent chaque dimanche, en Simca 1000.
Dès le lancement du FC Montroeul à la fin des années 70, ils vont s'investir sans compter dans la vie du club local. S'occupent des papiers, accueillent les réunions, conduisent les joueurs en déplacement. Chaque semaine, Yvonne lave l'ensemble des maillots, prépare pour les deux équipes des tartines d'après-match dont on se souvient encore dans toute la région.
Surtout, elle veille sur ses garçons (puis, plus tard, sur les filles de Montroeul-Dergneau) parfois turbulents, avec un coeur d'or. D'un caractère entier, elle sait aussi se faire respecter, sur le bord du terrain ou derrière le comptoir.
À une époque où la vie associative est réduite à sa plus simple expression, Yvonne et Jean organisent des soupers (tripes, saucisses, fromages...) dans la salle du Foyer Notre-Dame, qu'ils ouvrent également après la messe du dimanche pour l'apéro.
Foot et foyer Revenu à Montroeul, dans la maison de parrain François, le couple aménage un nouveau terrain de foot juste à côté, puis des vestiaires et une buvette. Toujours disponibles, ils sont sur la brèche plusieurs fois par semaine : entraînements, Saint-Nicolas des enfants, chasse aux oeufs, distribution de pralines aux personnes âgées... Mais aussi pour les groupes de pèlerins venus servir Notre-Dame des Joyaux ou pour les réceptions suivant des funérailles : Yvonne prépare pour eux café et sandwiches. Pas une fois, elle ne manquera à l'appel.
Après chaque banquet, elle est là pour nettoyer la salle. Le week-end de Pentecôte est terrible : il faut être en même temps au terrain et au Foyer. À la rue Barberie, d'autres équipes se succèdent. Même des clubs de localités voisines viennent profiter des installations. Dans leur maison, on est toujours bien accueilli. Il y a toujours du passage, du matin au soir. Quand il leur reste du temps, Yvonne et Jean rendent visite aux aînés du village, pour voir s'ils n'ont besoin de rien.
Yvonne nous a quittés trop brutalement, la semaine dernière. Chacun pensait qu'elle avait une santé de fer. Elle avait l'habitude de terminer ses conversations par ces mots : Ça fait qu'je sais nein ! Nous non plus, on ne comprend pas...
À Jean, son époux, ses fils Christian et Eddy, à sa petite-fille et au bébé à naître qui ne connaîtra pas sa Bobonne, notre journal présente ses sincères condoléances.
Pascal Lepoutte.Le courrier 24/11/09